Entrer aux Démophiles, c’est adhérer aux principes du Grand Orient de France, c’est devenir franc-maçon grâce à la méthode initiatique.

Devenir franc-maçon

Etre initié - franc - maçon : trois mots qui donnent un sens à un engagement peu commun.

INITIÉ par des militants de la République, par des gardiens des libertés publiques et privées, par des hommes identiques à “monsieur-tout-le-monde”, mais tous épris de justice, de solidarité et de fraternité.

FRANC, c’est être libre d’entrer en Franc-maçonnerie ou de s’en retirer à tout moment ; c’est être libre d’écouter, de regarder, d’apprendre auprès de ses frères, de transmettre autour de soi ; c’est être libre de ses choix philosophiques ; c’est affirmer sa liberté de penser et aiguiser son esprit critique.

MACON, c’est agir en bâtisseur de l’humanité (à commencer par la construction de soi-même) ; c’est rendre hommage aux générations de maçons vivants et morts, aux fruits de leur travail mûris dans le temple maçonnique, lieu sacré situé au carrefour de la tradition symbolique et du progrès humain.

    
    
    
    
    
    
    

Sculpture représentant le maître architecte de la cathédrale d’Anvers,
Peter Applemans et ses compagnons

Joseph Lambeaux, bronze 1935

Les sociétés initiatiques

D’une façon générale, le terme d’initiation désigne le processus par lequel l’homme est mis en contact avec les secrets de l’univers. De ce fait, des sociétés initiatiques paraissent toujours avoir existées. Dans les sociétés primitives, l’admission de l’enfant dans le monde des adultes se faisait souvent à l’occasion d’un rite de passage désigné sous le terme d’initiation.

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L’initié face à ses pairs
lithographie naïve, 1995

Dans l’ère moderne, on peut schématiquement énoncer que trois éléments fondamentaux caractérisent toute société initiatique, quelle que soit son organisation particulière :
- une organisation humaine dans laquelle on entre à l’occasion d’une rupture avec sa propre vie antérieure. Cette rupture est formalisée par une cérémonie dite d’initiation (ou parfois en abrégé, initiation tout court, ce qui est la source de nombreuses confusions) qui, quel que soit son déroulement particulier, marque la mort de l’impétrant à sa vie précédente et sa naissance à une vie nouvelle à l’occasion d’épreuves de nature variable, physiques et/ou symboliques ;
- une société dans laquelle on reçoit un enseignement qui provient d’une tradition. Cette origine traditionnelle, transmise de génération en génération, crée une chaîne initiatique théoriquement ininterrompue, qui voit en permanence cohabiter des anciens et des nouveaux (les termes d’ancien et de nouveau se référant à l’expérience acquise au sein de la société initiatique et non à l’âge civil des membres). L’enseignement ainsi transmis donne lieu à une progression par étapes, toujours concrétisée par différents grades ou degrés dans la société initiatique en question ;
- une société initiatique vise théoriquement à la connaissance des « secrets de l’univers ». Mais en réalité, plus que la transmission directe de ces éventuels secrets (dont le nouveau membre apprend plus ou moins rapidement qu’ils ont été, d’une manière ou d’une autre, perdus), elle tend à amener ses membres à modifier leur comportement de telle sorte que ceux-ci soient mis en situation de les découvrir par eux-mêmes.

La finalité réelle d’une société initiatique est donc d’améliorer l’homme, pour qu’il soit en harmonie avec l’univers, c’est-à-dire avec son environnement. Tout ce qu’on pratique dans une société initiatique est ainsi du domaine du vécu, ce qui explique pourquoi la seule lecture, d’ouvrages sur telle ou telle société initiatique ne donne qu’une vision réductrice de ce qu’on y fait vraiment. Pour de nombreux spécialistes, deux sociétés initiatiques existent actuellement dans le monde : !e Compagnonnage et la Franc-Maçonnerïe.

La cérémonie d’initiation

Ce que la cérémonie d’initiation n’est pas :
- ce n’est pas un sacrement, c’est à dire une consécration plus ou moins religieuse : on n’est pas baptisé franc-maçon, on est reçu et constitué apprenti franc-maçon.
- ce n’est pas une cérémonie magique au cours de laquelle seraient transmis des pouvoirs occultes ou des facultés surnaturelles : c’est une cérémonie symbolique qui fait appel à l’émotion, à la réflexion et à l’intuition des récipiendaires.
- ce n’est pas une révélation, ni la transmission passive de secrets immémoriaux : c’est au contraire le début de la véritable autonomie, du penser par soi-même, c’est à dire de la liberté.

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La liberté éclairant le monde
Frédéric-Auguste Bartholdi (1834-1904), initié en 1875 au GODF

Pour la Franc-Maçonnerie la cérémonie d’initiation est un passage, un commencement et une réception.
- La cérémonie d’initiation est un passage. Elle consacre le passage d’un état à un autre, en cela, elle se rapproche des rites de passage des sociétés traditionnelles, notamment le rite de puberté (passage de l’enfance à l’état adulte) : il s’agit du passage d’une vie à une seule composante à une vie à deux composantes : la vie profane et la vie sacrée (au sens circonscrit et séparé). Ce passage est irréversible : on peut ultérieurement décider de ne plus vivre que des périodes profanes, en ne participant plus aux séquences sacrées, on n’en revient pas pour autant à Sa vie ordinaire, antérieure à la cérémonie d’initiation. Le passage s’effectue en trois temps symboliques : mise au tombeau, épreuves, accession à la lumière. Il faut en effet mourir à la vie ordinaire pour naître à Sa vie maçonnique. Tel est le premier enseignement de la cérémonie d’initiation.
- La cérémonie d’initiation est un commencement. Etymologiquement, initiation vient de la racine latine initium qui signifie commencement. De quel commencement s’agit-il ici ? Du commencement de l’initiation, c’est-à-dire d’une quête personnelle graduée dont le but - jamais atteint - est la perfection philosophique et morale : Sa Sagesse. En Franc-Maçonnerie, ce commencement est l’apprentissage, période durant laquelle le silence est de rigueur, car l’objectif premier est d’apprendre à mieux se connaître soi-même : L’apprenti est ainsi en même temps le sujet et l’objet de son travail. La cérémonie d’initiation renferme d’ailleurs en elle-même toutes les clefs de la pédagogie initiatique de Sa Franc-Maçonnerie, et elle constitue de ce fait l’un des sujets d’études de l’apprenti. S’il s’agit d’un commencement, c’est en effet que la cérémonie d’initiation, tout en plaçant les récipiendaires sur la voie, ne fait pas pour autant d’eux des initiés. Tel est le second enseignement de la cérémonie d’initiation.
- La cérémonie d’initiation est une réception. Au 18e siècle, période de structuration de la Franc-Maçonnerie spéculative, on utilisait d’ailleurs le terme de cérémonie de réception et non celui de cérémonie d’initiation : il s’agit de la réception dans une société initiatique de l’admission dans un groupe d’hommes strictement égaux : ils ont franchi le même passage ; ils sont sur le même chemin, chacun à un endroit qui lui est particulier, et ils vont aider le nouveau reçu dans sa quête en même temps qu’ils comptent sur lui pour les aider dans la leur. Ce groupe d’hommes vient du passé, porteur d’une ancienne et noble tradition : le récipiendaire entre ainsi dans une nouvelle famille spirituelle, acquiert de solides racines et s’inscrit dans une continuité. Ce groupe d’hommes tend vers l’avenir, car la Franc-Maçonnerie est une société entièrement dévolue au progrès de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes, c’est à dire de l’humanité. L’intégration d’un nouveau maillon dans cette chaîne humaine est donc une véritable fête de la fraternité. Tel est le troisième enseignement de la cérémonie d’initiation.

Comment devenir franc-maçon ?

Devenir franc-maçon est en fait très simple : il suffit de le vouloir. La maçonnerie, très attachée au respect de l’engagement, exige d’abord des candidats une volonté réelle et motivée. Le partage de valeurs communes est bien sûr sous-entendu, néanmoins le réel désir d’engagement est essentiel. Si ce préalable est requis, plusieurs cas de figure sont envisageables. Le premier est quand l’intéressé peut faire tout simplement acte de canditature par écrit auprès du siège du Grand Orient de France à Paris, ou d’une loge particulière proche de son domicile dont il connaît les coordonnées. Une réponse lui est toujours faite, suivie d’une entrevue avec le vénérable (le président de la loge). Un second cas plus fréquent est la présentation d’un candidat à la loge par un franc-maçon qu’il connaît et qui le parrainne. Toute demande est examinée avec attention, car la Franc-maçonnerie est une institution ouverte à tous : c’est d’abord le désir du candidat qui l’emporte.

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Initiation maçonnique, gravure fin 19ème siecle
"Les armes que vous voyez tournées vers vous ne vous menacent point. Elles vous annoncent que tous les maçons se feront désormais vos défenseurs si votre vie ou votre honneur venaient à être menacés"

Les procédures d’enquête

Le candidat rencontre dans un premier temps le vénérable. Le but est d’évaluer la solidité de ses motivations. Si tel est le cas, le vénérable lui fait remplir une notice autobiographique et lui demande de se procurer un extrait de casier judiciaire et deux photos d’identité. La notification faite au Grand Orient de France permet de s’assurer que le candidat n’a jamais été refusé par la maçonnerie. Cela marque le début d’une période de deux mois minimum exigée pour la procédure d’enquête. Certaines candidatures peuvent mettre un an ou plus pour aboutir. La durée dépend de la disponibilité des différents interlocuteurs, mais elle constitue également un test sur la patience et la détermination du candidat.

Les épreuves

 La première des épreuves est celle des trois enquêtes menées par trois frères de la loge, mandatés par le vénérable et ne connaissant pas le candidat. Elles ont pour but de mieux cerner la personnalité du demandeur vue sous des aspects différents. Sont ainsi évalués l’individu, l’homme moral et enfin l’homme social. Les rapports d’enquêtes sont lus ensuite devant l’assemblée des francs-maçons de la loge.

 La deuxième des épreuves sera celle du passage sous le bandeau. En fait, il s’agit de la première rencontre physique entre le candidat et l’ensemble de la loge. Pour des raisons de discrétion évidente, le candidat a les yeux bandés durant cet échange d’une heure environ. Chaque franc-maçon est passé par là et connaît parfaitement l’émotion ressentie par le demandeur qui peu à cause du bandeau être un peu déstabilisé. Toutefois, cette épreuve fait parti intégrante du chemin initiatique et nul ne saurait y déroger. Les questions qui sont posées permettent aux frères de la loge de mieux connaître le candidat. L’interrogé est ensuite reconduit hors du temple, et un débat s’engage avant le vote pour l’admission aux épreuves, à savoir l’initiation proprement dite. Le vote s’opère par boules blanches (favorables) et noires (défavorables). Pour être favorable, le scrutin doit recueillir moins du quart de boules noires. origine de l’expression blackbouler

 La troisième des épreuves est la cérémonie d’initiation proprement dite au cours de laquelle le candidat a les yeux bandés. Se succèdent alors, sa comparution devant l’assemblée, un bref interrogatoire après lequel le candidat est reconduit hors du temple, et une dernière délibération de la loge qui se prononce définitivement sur son admission. Si celle-ci est acceptée, une dernière épreuve se déroule suivant un rite variable d’une loge à l’autre, mais où le dénominateur commun est la succession d’un stage dans le cabinet de réflexion où l’impétrant rédige son testament philosophique, une déambulation dans le temple au cours de laquelle le candidat fait trois voyages symboliques représentant trois âge de la vie (enfance, adolescence, maturité), et ponctués par la rencontre avec l’eau l’air et le feu, (le séjour dans le cabinet de réflexion symbolisant la rencontre avec la terre). Toujours les yeux bandés, le candidat prête ensuite son obligation dont les deux points forts concernent le secret (dans sa définition maçonnique) et la défense de la laïcité. L’impétrant prête alors serment la main posée sur les outils et sur le réglement général du Grand Orient de France. La Lumière lui est ensuite donnée, généralement par son parrain en lui ôtant le bandeau. Le nouvel initié est ensuite conduit devant le vénérable qui le crée franc-maçon. Il est désormais reconnu comme tel par tous les francs-maçons de la terre.

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timbres et carte Premier-Jour, 1973