Réflexions sur le temps

 

… Dans l’imagerie populaire, il existe maintes expressions concernant le temps. Le langage courant a inventé quelques paradoxes comme prendre son temps, gagner du temps, donner ou perdre du temps. On en arrive même à tuer le temps, ou à l’assimiler à de l’argent : Le temps, c’est de l’argent… Je pense que ces expressions laissent entrevoir un certain malaise collectif, voire un refus, une non-acceptation du temps. Comme pour se protéger et se débarrasser de cet angoissant concept abstrait, l’inconscient collectif s’est inventé un rassurant capital temps, dont il peut jouer et user à sa guise. BALZAC, dans “La peau de chagrin”, a illustré ce thème. Pour nous, mes frères, le temps fait partie de notre rituel. Si nos travaux se situent entre midi et minuit, c’est entre autres, pour nous situer tous dans un temps commun, mais aussi et surtout, pour nous situer hors du temps profane. Mais ce qui est extraordinaire, c’est que l’atelier où nous nous trouvons en ce moment même est un lieu privilégié, où se produit ce que j’appelle une distorsion temporelle, engendrée par notre qualité d’écoute, par notre sensibilité, par notre niveau de conscience, le point culminant étant la chaîne d’union …