La tenue du récipiendaire lors de la cérémonie d’initiation. Comparaison historique avec des sociétés anciennes.

 

… Dans toutes les civilisations, l’initiation a été considérée comme une nouvelle naissance, le commencement d’une autre vie. En Egypte, les rites éleusiniens ou mystères de Déméter, issus de la tradition isiaque, célébrés à Eleusis pendant près d’un millénaire depuis le VIème siècle avant J.-C., précisent que le futur initié doit avoir les yeux bandés. De plus, son pied gauche est nu, et on lui imposait des obligations diététiques. Durant les processions qui s’effectuaient de nuit, on procédait à des ablutions rituelles, on dansait et on chantait des airs sacrés. L’alternance d’une jambe nue et d’une jambe couverte est un thème symbolique représenté sur des cylindres babyloniens. L’idée fut transmise à l’occident, puisqu’une stèle gallo-romaine de Sens nous montre le forgeron Bellicus avec un pied nu et un pied chaussé. Le forgeron était assimilable à l’alchimiste qui oriente sa matière vers la perfection. Un dépouillement des métaux est admirablement illustré par le mythe babylonien de la déesse Isthar descendant aux enfers, où elle passe plusieurs portes avant d’atteindre le fond de toutes choses. Elle enlève sa tiare, ses boucles d’oreilles, les perles de son cou, le pectoral de sa poitrine, la ceinture aux pierres d’enfantement, les anneaux de ses mains et de ses pieds. A la septième porte, elle quitte le vêtement de pudeur de son corps. Lorsqu’elle est nue, elle peut converser avec le dieu des profondeurs. L’épreuve passée, elle remonte vers l’espace libre, et reprend en sens inverse les objets qu’elle avait abandonnés : c’est la restitution des métaux …