La poétique du silence de l’apprenti

 

… La conception métaphysique de la poésie, qui tend vers le silence, doit être complétée par une dimension poétique du silence de l’apprenti plus sensible, plus ouverte, plus humaine, orientée vers la recherche du langage, vers l’obtention de la parole, et l’accroissement de l’acuité auditive ou visuelle. Comme pour un enfant, en quelque sorte, on laisse le jeune apprenti se frotter empiriquement à l’équation complexe du compas en symbiose avec l’équerre. Friedrich FROEBEL, dans son Education de l’homme, affirme que la connaissance est dans le parfait rapport entre la chose et l’esprit. Les premières tentatives de langage, le développement des sens, l’effort pour unir le monde intérieur au monde extérieur, sont des caractéristiques de l’enfance, mais sont aussi les premiers degrés sur lesquels s’appuie l’éducation spirituelle. Et c’est vrai que ces deux outils - symboles de grandes lumières -, sur lesquels j’ai prêté serment, représentent le fondement même de mon éducation maçonnique …